L'Architecture Creusoise

V . Et la construction ?



 
 

     On trouve aussi dans notre région, des petites particularités architecturales, qui ne nous sont pas exclusives ! En voici deux :

 
     On constate rapidement, quand on regarde un mur de maison ou de grange en pierre, qu'il y a des trous et des pierres qui dépassent sur les pignons.
     Les amateurs de mots croisés connaissent bien les trous : ce sont les trous de boulins.  Lorsque le mur est achevé, les maçons retirent leur échafaudage en bois qu'ils y avaient fixé : cela laisse ces trous que l'on laisse totalement ouverts sur une grange, pour que l'air circule et sèche le grain, ou que l'on bouche de l'intérieur sur une maison.
À Quéraud

 
     Les pierres qui dépassent sont des boutisses, ou pierres parpaignes. Elles sont indispensables dans la construction d'un mur. Pour monter un mur, le maçon utilise des pierres de toutes tailles, parfois très petites. S'il se contentait de les empiler, le mur ne tiendrait pas longtemps : il s'ouvrirait en deux. Pour éviter cela, il met de grandes pierres qui font toute la largeur du mur, pour assurer la couture du mur en épaisseur. 
    Elles dépassent donc, et on ne les taille pas pour les aligner au mur pour plusieurs raisons :  d'abord, si l'on souhaite agrandir, ou ajouter une grange sur un mur existant, on "accroche" le nouveau mur à l'ancien sur ces boutisses, un peu comme un puzzle. Cela évite que les deux murs ne s'ouvrent. 
    Et surtout, si vous voyez que votre maçon fait dépasser ces pierres, cela vous rassure sur la solidité de votre mur ; pour féliciter le maçon de son bon travail, vous lui posez une bouteille sur chaque pierre qui dépasse ! 
    On raconte d'ailleurs que des maçons pas trop courageux mais assoiffés, plaçaient des bouts de pierres de sorte qu'ils dépassent, juste pour avoir la bouteille !
Aux Grands Essarts

 
 
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