L'Architecture Creusoise
 
 

III . Les XVIIè et XVIIIè siècles



 
 
 
 
Aux XVIIè et XVIIIè siècles, apparaît ce que l'on appelle la maison creusoise traditionnelle. Il en reste peu de nos jours, car la plupart des maisons ont été rénovées à différentes époques. 
     C'était une petite construction destinée aux paysans.
     Elle se constitue d'une petite partie d'habitation (flèche verte), avec en bas la pièce commune, et à l'étage une chambre. À droite, on trouve la grande grange limousine, de plain-pied, au-dessus de laquelle se tient le fenil, où l'on engrangeait le foin. (flèche bleue). À gauche, le gerbier (où l'on rangeait les gerbes) -flèche rouge.  La fenêtre était à l'origine une porte, où montait un escalier dont on distingue encore la trace. La maison n'est pas fréquemment au centre de la bâtisse comme ici. 
Très belle maison traditionnelle
à Védignat

 
    À l'intérieur de la maison, c'est la pièce de vie, où l'on mange, où l'on dort, et où l'on reçoit ses voisins pour la veillée. Là, bien installé près du cantou, on est prêt à entendre les légendes ou les potins des environs.
    Le cantou est cette grande cheminée, où l'on approche les sièges près de l'âtre; souvent on y trouve le four à pain, comme sur cette photo (flèche jaune). Sous le four à pain, on récupérait la cendre pour la bujade ( la lessive ) qui avait lieu quelques fois par an, pour blanchir le linge.
Ce cantou est 
dans une maison 
des Grands Essarts.

 
     Le toit était en chaume, avec une très forte inclinaison, pour que la pluie et surtout la neige glissent le plus vite possible. Mais à la fin du XIXè siècle, on remplace le chaume par des tuiles, parfois par choix, parfois à cause de décrets. Par exemple, vers 1900, un incendie ravagea un village entier près de Boussac, le feu s'étant propagé très rapidement d'un toit à l'autre. Un décret obligea les gens des alentours à refaire leurs toits en tuiles.
     On remarque cependant que les cheminées sur les toits en chaume étaient très hautes - justement à cause des risques d'incendies. Elles devaient dépasser le faîte du toit. Et sur les toits maintenant couverts de tuiles, on observe facilement le larmier  qui indique à la fois l'inclinaison du toit et l'épaisseur de chaume le recouvrant.
     Remplacer le chaume par des tuiles avait tout de même un avantage: on pouvait faire une pente de toit plus douce, et donc rehausser la maison : on pouvait aménager le grenier, en chambre ou en tout autre pièce.

 

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